Les Grandes Tendances E-Santé 2026 : De la promesse technologique à la bataille de l'usage
Retour sur le congrès #esante2026 : notre synthèse exclusive des stratégies dévoilées par les leaders de l'industrie.

90% des professionnels de santé déclarent aujourd'hui utiliser de l'IA. Le chiffre est impressionnant, mais il masque une réalité plus nuancée : l'usage massif d'outils génériques comme ChatGPT contraste avec une adoption plus lente des solutions métiers spécifiques. Lors de l'événement Grandes Tendances de la E-Santé 2026, les leaders de l'industrie pharmaceutique ont dressé un constat lucide. Le temps des POCs (Proof of Concept) technologiques est révolu. Pour créer de la valeur en oncologie et dans les maladies chroniques, l'innovation doit désormais réussir une seule épreuve : celle de l'usage réel et de l'intégration humaine. Décryptage.
I. Le Signal Fort : La technologie est mature, l'usage reste à construire
Pendant des années, la question centrale était : "La technologie existe-t-elle ?". Aujourd'hui, la réponse est oui. La nouvelle question critique, posée par Isabelle Laforgue, Directrice Innovation chez AstraZeneca, est : "Comment le parcours de soin s’approprie-t-il cette technologie ?".
Le consensus est clair : la technologie ne doit pas se superposer au travail des soignants, elle doit s'y fondre.

L'exemple du partenariat entre AstraZeneca et l'IPSO sur la BPCO (Bronchopneumopathie chronique obstructive) illustre cette volonté. Avec 3,5 millions de patients concernés et une errance diagnostique moyenne de 7 ans, l'enjeu n'est pas de fournir un gadget numérique de plus, mais un outil d'aide au diagnostic parfaitement interopérable avec les logiciels métiers des médecins généralistes. Si l'outil ajoute des clics sans valeur médicale immédiate, il ne sera pas utilisé.
II. Changement de Paradigme : Construire "Avec" et non plus "Pour"
L'ère du "Patient Centricity" théorique laisse place à une approche pragmatique de co-construction. Tania Aydenian, Directrice Pôle Value Based Partnerships chez Takeda, souligne un pivot culturel majeur : "On ne construit plus pour les patients, mais avec les patients".
Le constat est sans appel : les maladies rares touchent aujourd'hui 3 millions de Français, et 25% d'entre eux vivent une errance diagnostique (pouvant aller jusqu'à 5 ans). Face à ce défi, la technologie seule ne suffit pas.

Le rôle de l'industriel évolue. Il ne s'agit plus seulement de fournir la molécule, mais d'organiser la rencontre entre les attentes du patient, les contraintes du système de santé et les possibilités technologiques. L'objectif n'est pas d'ajouter une solution au catalogue, mais d'identifier celle qui apporte une valeur mesurable sur le parcours de vie.
III. L'Enjeu du Continuum : Prévenir, Accompagner, Guérir
Le médicament ne peut plus être l'unique réponse. Etienne Tichit, DG de Novo Nordisk, et Delphine Pagano, DG de Bayer France, s'accordent sur la nécessité d'une approche holistique.
Pour Novo Nordisk, l'innovation doit couvrir le spectre complet : innover sur la molécule pour guérir, mais aussi intervenir en amont sur les symptômes et en aval sur l'accompagnement, sans donner au patient l'impression d'une "surmédicalisation".Côté Bayer, le constat est similaire : "Un traitement, aussi bon soit-il, ne peut être efficace que s'il est bien prescrit et bien pris". Delphine Pagano pointe cependant un risque majeur : la fragmentation des parcours. La digitalisation ne doit pas isoler le patient ni morceler davantage le soin. Au contraire, elle doit libérer ce qui manque le plus au système actuel : du temps médical et humain.
IV. La Vision Jinko : L'Architecte du Lien
Ces interventions valident la thèse fondamentale de Jinko. L'industrie pharmaceutique ne cherche plus de prestataires digitaux, mais des architectes de parcours.
Il ne suffit plus d'avoir une application ou un algorithme. Il faut être capable :
- De garantir l'interopérabilité pour ne pas alourdir la charge mentale des soignants.
- D'assurer un accompagnement humain qui donne du sens à la donnée collectée.
- De transformer cette "Experience Patient" en données de vie réelle (RWE) exploitables pour prouver la valeur clinique et économique des traitements.
C'est précisément là qu'intervient Jinko : nous ne remplaçons pas le soin, nous créons le liant opérationnel qui permet à l'innovation thérapeutique de délivrer sa pleine promesse au domicile du patient.






